de natura

EXPOSITION « DE NATURA »

Galerie 12, Centre culturel Aberdeen, Moncton (NB, Canada), 140 Botsford St

12  – 30  novembre 2011
Vernissage : vendredi 11 novembre 2011

 

« De natura »

proposée par André Lapointe et Alex Caroll.

Cette exposition de photographies et d´installations réunit deux artistes pour qui la nature est un monde chargé de signes et d´empreintes de vie, et dont il convient de souligner la pureté, la grâce formelle.

Un hommage particulier cependant puisque le geste consiste ici à recomposer ou à transformer des paysages et des éléments naturels.

Esthétique humaine ou naturelle ? Le dialogue est ouvert.

Textes de Sébastien Émard, Gabriel Robichaud, Jean-Marc Dugas, André Lapointe et Alex Caroll.

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LOCUS AMOENUS par Sébastien Émard

«La dénaturation est le changement de la forme tridimensionnelle de la protéine qui quitte l’état natif ; elle  se déroule, ou se déplie, et perd peu à peu ses structures quaternaires, tertiaires, secondaires. Son activité est alors souvent atténuée voire annulée. La dénaturation est parfois réversible, le retour à l’état natif est alors possible et son activité est restaurée. La dénaturation est due à la sensibilité des protéines en fonction de leur environnement physico-chimique. Elle se dénature lorsque les interactions entre résidus sont perturbées par un agent dénaturant.»

Apprendre à ne pas craindre les dieux, c’est aussi peut-être apprendre à craindre les hommes. Depuis plus de deux mille ans, la sagesse d’Épicure a subi sa propre dénaturation… Mais si cette philosophie revendique la connaissance de la nature comme remède aux superstitions (toujours dangereuses, toujours vivaces), alors le nihilisme de la célèbre phrase de Dostoïevski : « S’il n’y a pas de dieu, tout est permis », pourrait être comprise, en fait, comme un joyeux constat épicurien, doublé d’une mise en garde sur les violences que l’humain peut s’infliger, et infliger à la nature, y compris dans une démarche purement artistique. C’est ce à quoi nous propose de méditer l’exposition De natura.

Deux artistes, deux visions du monde entrent ici en dialogue. L’une est européenne et nomade, aux œuvres volontiers anonymes, universelles parce que décontextualisées; l’autre est un Canadien qui, à la jonction entre le Land art et l’Arte povera, inscrit ses œuvres sur un territoire qu’il nomme pour mieux le transformer. Le caractère ludique, baroque, tout en trompe-l’œil, du travail d’André Lapointe trouve donc sa contrepartie dans le post-modernisme inquiet d’Alex Caroll. Entre le geste de celui-ci (geste parfois presque imperceptible, que la photographie vient compléter, augmenter et pérenniser), et le complexe regard que celle-ci pose et compose, une même référence à Lucrèce, le disciple d’Épicure, auteur du De natura rerum (long poème philosophique qui cherche à permettre de libérer notre âme de la peur des dieux par la contemplation esthétisante de la véritable nature des choses). La démarche contrastée des deux artistes s’inscrit dans une libre appropriation de la réflexion sur la dénaturation que l’être humain fait subir à tout ce qu’il touche. À l’improbable ataraxie que convoitaient les épicuriens, tranquillité intérieure en symbiose avec les lois de la nature, Alex Caroll et André Lapointe opposent donc l’ambiguïté de l’éphémère, lui-même figé dans le temps de la photo ou de l’installation.

Cette posture intellectuelle prend ainsi la forme d’une réflexion sur la mort, la disparition, l’évanescence. Chez Caroll, par exemple, la série « Les portraits anonymes » aligne huit photographies, précédées d’un vase de fleurs entièrement recouvert d’une couche opaque de peinture bleue, qui rappelle la maladresse et la fausse pudeur clinquante de nos rites funéraires. Intitulés « portraits », et non « natures mortes », ces photos de roches, de coquillages, d’algues séchées et de bois trouvé sur une plage, sont présentés comme autant de visages abstraits, déshumanisés, baroques ; à la fois vanités et grisaille.

Étrange galerie de personnages, aux histoires qui se laissent deviner dans un clair-obscur inquiétant (faisant ressortir les aspérités et les silhouettes), et où l’ombre est un élément à part entière, presque un double de l’objet pétrifié. La parenté avec l’œuvre The Silence de Füssli est troublante. Chez Lapointe, une photographie comme « Ophélia, d’après John Millais, Beaumont (NB) », qui nous plonge dans le romantisme préraphaélite d’une étendue d’eau stagnante entourée de verdure, où de petites taches colorées flottent à la surface, rappelle effectivement l’œuvre de Millais, mais où le personnage central de la belle suicidée shakespearienne, qui donne son nom à la toile de référence, brille par son absence. Le thème de la mort est donc suggéré, avec une sobriété et une efficacité sûres, dans un moment réactualisé puis cristallisé par le procédé photographique, sur un mode très tendre, très doux. Comme si, dans ce dialogue entre la nature, qu’un geste (artistique) vient subrepticement faire frissonner, et une toile célèbre qui se révèle en creux dans l’image, la mort reste une modalité toute simple du cycle de la vie que l’art vient héroïser et esthétiser a posteriori. L’isomorphisme des deux créateurs est patent, latent.

Réflexion sur la vie, donc. En tant que la mort s’y glisse naturellement, comme condition sine qua non de sa perpétuation. Et peut-être surtout célébration de la vie, avec cette luxuriance baroque, cette débauche de couleurs et de formes, cette richesse dans les contrastes, qui vient, non pas nier la mort, mais la relativiser, voire la ridiculiser franchement. Lapointe introduit dans le règne végétal des formes géométriques qui, avec humour, rappellent comment la perfection de ces « idées platoniciennes » tente de transcender l’imperfection de notre monde sublunaire : le rectangle de « Fenêtre de sapin baumier, Beaumont (NB) » est, en ce sens, un moment fort de l’exposition ; perspectives en demi-cercle et agencements étoilés sont autant d’exemples qui sont semés dans les photographies de cette série. Ailleurs, des arbres sont dénaturés subtilement par l’ajout de fruits et de feuillages d’essences différentes, ce qui leur donne une allure vraiment étrange, fascinante; innocentes parures exotiques, ou menace que font peser les organismes génétiquement modifiés sur les écosystèmes?

Ce à quoi correspond, dans une autre série de photographies d’Alex Caroll (et dans un autre ordre d’idée), intitulée « Au même moment », la dénonciation très visuelle d’une certaine image de la féminité, artificielle, aux bijoux grotesques, consommatrice à outrance et pilier du capitalisme qui ravage nos sociétés actuelles. Mais l’aliénation du mode de vie occidental trouve son contrepied dans des scènes saisies sur le vif où la poésie, pleine de candeur et de mélancolique beauté, est manifeste : paysages maritimes torturés, méditation devant un immense filet déchiré (de ceux qui servent à isoler les terrains de sport en milieu urbain), jeu estival d’enfants sous des jets d’eau, etc. Par exemple, une mégapole nocturne aux myriades de lumières vertigineuses, semble plonger ses «racines» dans un tapis de mousse verte qui coupe horizontalement le bas de l’œuvre. Les courbes d’une femme très aguichante sur une publicité géante, à demi voilée par un gratte-ciel, sont rappelées, dédoublées (l’influence de l’étrangeté urbaine-baroque-post-moderne d’un David Lynch est palpable), dans les sinuosités d’un sentier qui plonge dans le vide d’une falaise, etc. La composition des œuvres, en diptyques ou en triptyques, vient accentuer les contrastes entre nature et culture, entre poésie et vulgarité, entre splendeur et simplicité. Les rappels de couleurs et de formes d’une image à l’autre créent des réverbérations éloquentes, inquiétantes.

Ces quelques éléments d’analyse n’épuisent pas le sujet. Tant par les thématiques abordées que par leurs techniques, par leurs références érudites et par leur originalité, ces deux artistes s’inscrivent dans une grande tradition, et l’on doit se féliciter que l’Acadie du Nouveau-Brunswick ait été le théâtre de cette rencontre. Car dans la complicité de leurs méthodes différentes mais convergentes, Alex Caroll et André Lapointe ont su fracasser l’antique dichotomie où s’opposaient l’architecture de la Cité et le désordre chaotique de la Nature sauvage, à la lisière desquels espérait se réfugier le sage épicurien de Lucrèce, dans son locus amoenus, son jardin clos… Contemplation (qui n’exclut plus la critique et la modification) et consommation (capitaliste, bourgeoise, superficielle, destructrice) de la nature deviennent les deux pôles d’une nouvelle sagesse inquiète/amusée.

Post-scriptum

[La galerie est déserte. Alex Caroll est accroupie au-dessus d’une minuscule installation rouge posée à même le sol. Ses mains délicates s’activent à composer une surface circulaire de feuilles mortes, naturellement écarlates, tout autour d’une paire de chaussures rouge vif ; quand on regarde plus près, elles recèlent des pétales de rose rouge : une paire de chaussures à talon haut, sagement posée dans une petite mare rougeoyante comme l’automne, et surmontée de ce qui ressemble à une branche d’arbre biscornue, ou à une racine dénudée, complexe et tordue, peinte en rouge elle aussi.

Alex Caroll

Alex Caroll

Alex Caroll

On dirait que du sang s’est coagulé, s’est biochimiquement dénaturé, sur l’œuvre… mais aussi, on dirait que toute cette peinture, comme un vernis trop opaque, trop lisse, sert à dissimuler, plutôt qu’à révéler, les pétales et les feuilles, à les camoufler dans cette rougeur monochrome. Une tension palpite entre le caractère artificiel de la mise en scène et les symboles, ou les métaphores, qui ne cessent de clignoter dans la minutieuse juxtaposition : tension entre le naturel et le fabriqué, entre l’intérieur et l’extérieur, entre les formes géométriques (le cercle parfait des feuilles amalgamées; l’angle droit des deux souliers) et les tortueuses excroissances de la branche charnue, entre le côté urbain, intime des chaussures à talon et le côté résolument forestier du reste, entre le caractère éphémère de l’œuvre et la minutie de l’agencement. Cette tension palpite comme un cœur.

On dirait que cette nature morte vit de la vie figée et onirique des souvenirs ou des rêves, des métaphores ou des secrets. Puis, de la mare de feuilles rouge sang à la branche qui ressemble soudain à des veines et des artères pétrifiés, la féminité des souliers aux doux pétales de rose semble pointer vers le signe intime de l’adéquation entre le cycle des saisons et le mystère de la fécondité… Est-ce, au final, une représentation de la femme, à la fois cosmique et cosmétique, naturelle et pourtant : fardée? Voire : un autoportrait?

Alex Caroll se relève, enfile son manteau, éteint les lumières et sort de la galerie en fermant la porte à clef.]

13-18 novembre 2011

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AU MÊME MOMENT, série photographique d´Alex Caroll,

mise en poèmes par Gabriel Robichaud

– 1 –

Le tumulte
N’y change pas
Grand-chose

Tranquille

S’y berce
La marée
Du monde

– 2 –

Elle traverse
Le reflet
Apparent

Fenêtre
Sur le pont
Des soupirs
La porte
Des soupirants
S’ouvre
À coups
D’argents

Elle n’a jamais
Vu le ravin
Par-delà
La ruelle
Ne connaît pas
Les expirés
Précipités
Du haut
Des bas-fonds

Son regard
Lui aussi
Est mort
On l’entend
Qui murmure
Aux envies

– 3 –

Le dos tourné
La tête hors piste
Elle tombe

.

– 4 –

À chaque jungle
Ses racines
Et son ciel
Gratté
De lumières

Anonyme
Y trouver
Son nid
À l’étage
Son envol

– 5 –

Saison endormie
L’hiver fragile
S’embourbe
Au printemps
Sans histoire

Le silence
D’un arbre
Tombé
Entendu
Des branches
Qui restent

– 6 –

Le filet
Nous prend-il
Dans le même
Bateau

– 7 –

Son reflet
S’est pris
Au câble
Des trompeuses

Apparence
Arrachée
Sur la bouche
Des désirs

– 8 –

Chaleur
Déposée
Sur les lèvres
D’un espoir

– * –

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LETTER FROM THE AMAZON par Jean-Marc Dugas

Les oiseaux nous parlent en signes détachés.

Après l’exposition Barbituriques, présentée à la Galerie E dans l’A l’hiver dernier, Alex Caroll nous revient avec De natura, une collaboration avec le sculpteur canadien André Lapointe. De natura, qui aurait pu aussi s’intituler Everything I Cannot See, en référence à Charlotte Gainsbourg.

Entre le rêve et le clip vidéo, les photographies et installations de Caroll et de Lapointe nous entraînent dans un univers où la nature s’entremêle et se superpose à la vie moderne. En présence de cette réalité concrète émergeant d´une juxtaposition de villes, d´océans et de forêts, on ressent un équilibre mais aussi une tension, une harmonie paisible mais aussi une certaine angoisse, comme un voyage au long cours dont ne reviendra jamais.

Le spectateur doit décoder les signes et les symboles qui s´y  trouvent : des souliers à talons hauts  peints en rouge sang sur des feuilles mortes, elles aussi rouges, un navire dans la tempête, des objets de la nature, série et encadrés comme archivés, etc.
Mixe et remixe d’images et d’objets retouchés, De natura est à la recherche d’une vision, sur un rythme électro downtempo. Une réflexion sur la beauté (sexy) de la nature mais aussi sur les danger qui la guettent. Comme l´une des chansons du groupe Nouvelle Vague (A forest), De natura demeure mystérieuse.

Mais l´exposition nous montre aussi, sous la forme de paysages mentaux, cérébraux, la face sauvage de notre folie collective. De natura, c’est peut-être Klaus Kinski dans le film de Werner Herzog, Fitzcarraldo, qui tire son navire à travers la jungle. Le contraste entre les ambitions de l’homme au détriment de la nature. Notre mère la terre qui est victime de l’insouciance et de la destruction des hommes.

De natura, ce sont les effets de l’ayahuasca, ce thé hallucinogène préparé à base de plantes que l’on retrouve dans les forêts de l’Amazonie, et qui provoque chez ceux qui le boivent des visions.

De natura, c’est nous qui voyons la forêt mais qui n’arrivons plus à distinguer les arbres qui s’y trouvent.

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* André Lapointe, originaire de Gaspésie, s´intéresse aux phénomènes naturels des côtes de l’Atlantique. Procédant principalement par la technique de la taille directe et du modelage, incorporant également aux paysages des matériaux trouvés sur les lieux mêmes, il sculpte le végétal et le minéral pour y inscrire le temps.

Sculpteur émérite, par ailleurs fortement engagé dans le monde institutionnel, André Lapointe est une des personnalités marquantes du milieu des arts visuels de l´Est canadien.

ANDRÉ LAPOINTE

Depuis le début des années quatre-vingts, mon travail est relié à la nature et aux phénomènes naturels que l’on peut observer particulièrement sur les côtes de l’atlantique. Au cours des années, mes recherches artistiques se sont concentrées sur ces paysages et sur les différentes voies pour y accéder à l’intérieur d’une démarche sculpturale.

L’essence du lieu me vient plus facilement lorsqu’il m’est inconnu, ainsi le déplacement fait partie de mon processus de création et il répond à mes nécessités d’errance, de hasard et de la mouvance que j’ai héritées de mes multiples voyages en autostop. Je suis issu du mouvement hippie de l’après beat génération de Jack Kerouak.

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Dans mes travaux, la nature est représentée par elle-même. Je tente de la purifier par des formes géométriques. Je recompose le paysage à partir de matériaux trouvés sur le lieu pour le redonner à voir sous un nouvel aspect. Donner à voir ce que l’on connait déjà en y ajoutant une dimension critique, voire écologique.

Mon activité est traditionnelle, dans le sens où je conçois des formes à partir de matériaux et de techniques traditionnelles. Je pose des gestes ancestraux d’ouvriers qui modèlent la nature. Procédant principalement par la technique de la taille directe et du modelage, je sculpte le végétal et le minéral pour y inscrire le temps. La photographie qui assure la pérennité de mon travail insiste sur cette dimension.

Mon intention est d’élever des monuments aux phénomènes naturels.

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ALEX CAROLL

  Les deux séries photographiques « Portraits anonymes » et « Au même moment », tout comme l´installation « Battements » ont été conçues comme des paysages intérieurs, évoquant chacun à leur manière l´idée renaissante, finalement toujours actuelle, que les êtres humains sont la  mesure de toute chose, et leur (im)moralité, dont la recherche de beauté, au centre de leurs préoccupations.

L´œuvre intitulée « Portraits anonymes » propose des gros plans d´éléments naturels trouvés sur une plage du Nouveau-Brunswick. Personnifiés, mis en scène, ces menus objets sans valeur mercantile, communément considérés comme des rebuts, dévoilent à la fois leur beauté et leur unicité. Le grain du papier duquel ils se détachent et la tonalité des gris forment une sorte d´écrin aux subtiles couches de reliefs, aux roses nacrés, aux ombres discrètement accidentées.

Je souhaitais rendre hommage à ces infimes porteurs de poésie. Un geste dérisoire face aux massives violences subies par les écosystèmes de la planète: empoisonnement des eaux et des terres, destruction des espèces animales et végétales.  La nature morte constituée par le vase bleu aux végétaux de même couleur évoque la finalité de cet acharnement et introduit cette idée de confusion entre état naturel et chimique. Dénaturer: dans notre production de biens de consommation, nous ne faisons que détruire. Détruire pour jouir de biens éphémères. Détruire pour jouir.

La recherche du plaisir esthétique et l´étrange relation liant beautés humaine et naturelle sont plus clairement formulées dans la série « Au même moment ». Par ce choix de diptyques et triptyques , je voulais reproduire le caractère segmenté des images mentales qui défilent constamment dans nos pensées.  Une tentative également de montrer la simultanéité des possibles, à chaque instant, comme une aspiration à l´ubiquité, ou la recherche constante d´un ailleurs magique,  et bien réel. En même temps… Aucune harmonie,  aucune perfection ne dure, c´est ce qu´exprime  la mélancolie diffuse de  cette œuvre. Les jeunes femmes, modèles exhibitionnistes, interrogent la finalité de nos comportements collectifs: déesses guerrières,  elles nous  parlent tout autant de pertes de repères que de ruines. Des vanités en quelque sorte. La série se conclut par une image évoquant l´enfance et la rosée des matins d´été, une brève vision du bonheur.

  L´installation « Battements » évoque pour moi l´ambiance d´un film.  C´est en ayant à l´esprit  les réflexions des deux séries photographiques que je l´ai conçue, et de manière très spontanée, très instinctive. J´aime de plus en plus les objets comme supports d´histoire.  Je me suis ici beaucoup amusée avec la couleur rouge ; j´ai bien aimé exploiter sa ressemblance au sang. Alors que je bombais la branche, le liquide s´infiltrait dans le bois en formant comme des caillots: je pouvais observer, ressentir l´analogie entre l´arbre et le corps humain. Il y a dans « Battements » la volonté de montrer le principe de désir, de séduction, l´érotisme à l´œuvre au sein de la nature.

 

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13-18 novembre 2011

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Tous nos remerciements à Jean-Marc Dugas, Gabriel Robichaud et Sébastien Émard,

pétillants poètes et auteurs franco-canadiens,

pour leur aimable et brillante participation à De natura.

Une des ces rares et précieuses rencontres qui scintillent,

dans le ciel de nos vies folles.

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Vue d´ensemble de  l´exposition

Alex Caroll, Battements (installation, 2011)

Alex Caroll, Au même moment, (série photographique en couleur, 2009-2011), partie supérieure du mur, courant sur le mur de droite;

Portraits anonymes (série photographique en couleur et installation, 2011), partie inférieure du mur

Au même moment (série photographique en couleur, 2009-2011)

Au même moment (suite)

André Lapointe, Série photographique en couleur

      

Alex Caroll, Portraits anonymes, installation et série photographique en couleur, 2011

 

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